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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 18:36

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Nous sommes tous des mendiants

 

 

 

Que pourrait-on nous reprocher ?

 

De ne pas cultiver plus souvent nos âmes en jachère !

 

Si vous pensez qu’elles sont déracinées, desséchées, mystifiées

 

Sachez

 

Que l’amour procède

 

Pulse et respire

 

Éternellement

 

Ya pas de coquille !

 

 

 

Ne serait-il pas temps de débroussailler nos frondaisons épaisses, en pagaille afin que la lumière

 

Du soleil pétille un peu notre garniture mentale ?

 

 

 

On ne nous demande pas de construire un dallage de pensées mignonnettes à l’entrée de notre boite à paroles.

 

C’est juste qu’à force de passer sans voir l’être qui a glissé dans un fossé sombre ; nous pourrions finir par l’y rejoindre…

 

.

 

.

 

Le Mendiant

Un pauvre homme passait dans le givre et le vent.
Je cognai sur ma vitre ; il s'arrêta devant
Ma porte, que j'ouvris d'une façon civile.
Les ânes revenaient du marché de la ville,
Portant les paysans accroupis sur leurs bâts.
C'était le vieux qui vit dans une niche au bas
De la montée, et rêve, attendant, solitaire,
Un rayon du ciel triste, un liard de la terre,
Tendant les mains pour l'homme et les joignant pour Dieu.
Je lui criai : « Venez vous réchauffer un peu.
Comment vous nommez-vous ? » Il me dit : « Je me nomme
Le pauvre. » Je lui pris la main : « Entrez, brave homme. »
Et je lui fis donner une jatte de lait.
Le vieillard grelottait de froid ; il me parlait,
Et je lui répondais, pensif et sans l'entendre.
« Vos habits sont mouillés », dis-je, « il faut les étendre,
Devant la cheminée. » Il s'approcha du feu.
Son manteau, tout mangé des vers, et jadis bleu,
É talé largement sur la chaude fournaise,
Piqué de mille trous par la lueur de braise,
Couvrait l'âtre, et semblait un ciel noir étoilé.
Et, pendant qu'il séchait ce haillon désolé
D'où ruisselait la pluie et l'eau des fondrières,
Je songeais que cet homme était plein de prières,
Et je regardais, sourd à ce que nous disions,
Sa bure où je voyais des constellations.

 

Victor Hugo, Les Contemplations (1856) 



 

 

 

 

 

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Published by ledivinparadoxe - dans COUPS DE PLEURS
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